Machine à voter Les électeurs américains appelés aux urnes aujourd’hui dans le cadre des élections legislatives vont sans doute exprimer leurs voix par le biais de machines à voter électroniques de marque Diebold leader du marché et implantées dans des centaines de villes américaines à travers plus de 32 états (40% des suffrages exprimés passent par leurs systèmes et 80% des votes sont informatisés aux Etats-Unis). Ces machines prétendues fiables et censées remplacer les obsolètes « cartes à perforer » dématérialisent toute la procédure de vote et s’accompagne, comme tout système informatique, d’un lot non négligeable de failles en tout genre. Des chercheurs de l’université de Princeton ont par exemple fait la démonstration documentée et filmée du piratage d’une machine Diebold permettant le trucage des résultats via un programme indétectable.

Ces failles béantes du système, causant un sérieux préjudice à un des principes fondateurs de la démocratie, ont été récemmment dénoncées dans un reportage sans concession diffusé sur la chaîne cablée HBO, « Hacking democracy » (disponible intégralement en ligne) qui a fait grand bruit outre-atlantique :

Ecrans tactiles permettant de manipuler des variables, cartes mémoires enregistrant les votes pouvant être changées « Ã  chaud » durant une session électorale, secret de l’isoloir trahi par les émissions radios, code source du programme de vote diffusé publiquement sur un serveur ftp de Diebold, programme de vote codé en Visual Basic (!), etc.

L'ensemble de ces manquements de base à la sécurité des systèmes de vote ne semblent pas particulièrement émouvoir les autorités publiques qui laisse la gestion de ces problèmes aux seuls experts diligentés par les sociétés fabricant ce type de matériel, ce qui n'est pas vraiment un gage d'indépendance.

David Dill, professeur en informatique à l'université de Stanford a déclaré :

Lots of people involved in writing the software, and lots of people who could have touched the software before it went into that machine. If one of those people put something malicious in the software and it's distributed to all the machines, then that one person could be responsible for changing tens of thousands of votes, maybe even hundreds of thousands, across the country.

A l’heure ou l’Europe s’apprete à franchir en masse le pas du vote électronique, il serait temps de s’interroger sérieusement sur les fondements technologiques de l’e-démocratie.