Un nouveau pays occidental est venu se rajouter au concert des nations évoquant à grand renfort de communiqués de presse des attaques informatiques contre leurs réseaux gouvernementaux.

En effet, après les USA, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France, le Japon,... le gouvernement néo-zélandais a également publié son propre communiqué pour indiquer que certains de ses réseaux avaient eux aussi été récemment victimes d'attaques informatiques. Cette large publicité d'attaques dirigées contre son réseau pourrait sembler au premier abord peu à propos.
Mais ce serait oublier l'intérêt de ce type de déclarations en matière d'influence politique et diplomatique.

Il est d'ailleurs bien sûr précisé dans les dépêches qu'aucune donnée confidentielle n'a pu être interceptée suite à ces attaques. Les services secrets du pays ont d'ailleurs clairement identifié les gouvernements étrangers (sic!) à l'origine de ces attaques.

Les rédactions des médias généralistes de par le monde ont ainsi rapporté cette information, mais l'ont très peu commentée et analysée. En France, l'article "Cyberguerre en dentelle" de Louis-Marie Horeau paru aujourd'hui en 4ème de couverture du Canard Enchaîné, est revenu sur les déclarations quasi-mimétiques, diffusées les jours précédents par les différents gouvernements "victimes".

La conclusion de ce journaliste est sans concession :

Il faut se faire une raison, ce que les gazettes racontent, ce n'est pas la guerre. Et la vraie cyberguerre, elle, n'est jamais racontée.


Evidemment, il est assez rare d’admettre publiquement que des attaques informatiques parviennent à leurs fins. Un article récent du Times, même si encouragé par le Pentagon lui-même, rappelle au besoin que c’est cependant parfois le cas.

On se souvient également il y a quelques temps de la médiatisation de l’opération Titan Rain ou de l’attaque du Naval War College.


La concentration dans le temps des réactions des pays dans cette affaire montre une possible stratégie d’influence dirigée en direction de la Chine. Comme l’explique l’article paru sur le site Knowckers, cette démarche, à l’instar de la crise des jouets fabriqués en Chine, n’est probablement pas le fruit du hasard.
Il s’agit notamment selon cette source de faire pression sur le gouvernement chinois, et de placer cette thématique au cœur de l’agenda diplomatique international.