Direction Helsinki donc pour cet événement annuel rassemblant une bonne part de la scène sécurité des pays nordiques. Outre un accueil très chaleureux et une température (très) fraiche, c'est l'occasion de faire le point sur l'état de l'art des différentes disciplines propres au petit monde "sécu".
Talk #1 : The Bitter Tale of Desktop Security: Our 35-year War
Après l'ouverture par Tomi Tuominen nous enchaînons sur le premier talk : 'The Bitter Tale of Desktop Security: Our 35-year War'.
Ivan Krstic est un universitaire (Harvard), et cela se ressent dans l'aspect très formel mais très juste de son analyse. Dans les grandes lignes, il préconise un modèle de développement sécurisé sur la base de deux bonnes pratiques. La première est de diviser les différents privilèges avec une granularité la plus fine possible. Ceci fait, ils nous faut alors diviser le code en blocs fonctionnels. Les blocs sont alors parfaitement cloisonnés entre eux et communiquent par messages (très orienté objet tout ça !). Pour finir, il nous reste a attribuer à chaque bloc les privilèges minimaux requis à son fonctionnement. Le concept est sympathique, mais malheureusement très rarement appliqué. L'occasion de citer en exemple l'architecture de Google Chrome ou de découvrir des projets tels que caja qui permet d'implémenter ces concepts au code JavaScript.
L'idée est bonne mais, comme bien souvent, appliquer ce type de concept va d'un coté éliminer les vulnérabilités possibles dans le code mais d'un autre côté reposer sur une machine virtuelle apportant son propre lot de vulnérabilités ...

Talk #2 : Evolution of Kernel-Mode Malware
C'est d'ailleurs la thématique du talk suivant de Joakim Sandström (nSense) : 'SUN BURNS - Java Insecurities' que je n'ai malheureusement pas pu suivre en 'live' compte tenu d'un autre talk d'intérêt en parallèle : 'Evolution of Kernel-Mode Malware' par Kimmo Kasslin et Antti Tikkanen (F-Secure).
Sujet bouillant s'il en est, les malwares kernel-mode sont de nos jours de plus en plus nombreux. En première partie, ils nous présente les différents rootkits actuels utilisés dans différents chevaux de Troie tel que Haxdoor, Rustock ou encore Srizbi, principalement dans leur façon de "hooker" les fonctions du système d'exploitation.
On y voit effectivement une belle évolution lorsqu'on passe d'une simple modification de la SSDT aisément détectable à quelque chose de bien plus évolué comme la modification de l'adresse du sysenter (msr) vers un handler qui segfault, qui sera intercepté par un fake GPF handler, lui meme hooké dans l'IDT. Il est à noter tout de même que nous avons ici un état de l'art des rootkit ring0 viraux mais pas du monde rootkit ring0 Windows dans son ensemble. Nous n'avons pas encore vu de virus implémentant des rootkits réellement évolués tel que Shadow Walker ou encore FUTo, et entre nous fort heureusement !
Ceci étant, les malwares kernel-mode ont atteint un niveau jusqu'ici inégalé avec Mebroot qui sera le thème de la seconde partie du talk. Une très joli démonstration de ce rootkit MBR qui semble avoir encore beaucoup évolué depuis ma dernière analyse de celui-ci (il faut dire que cela remonte à 4 mois, au retour du SSTIC...).
Il est amusant de voir que selon Kimmo et Antti, Mebroot ne serait pas lié a un trojan unique (jusqu'à présent nous l'avons toujours vu lié à du Torpig/Sinowal), mais serait plutôt un framework qu'ils ont affectueusement baptisé MAOS (pour Malware OS) et qui serait parfaitement personnalisable, vendu comme une prestation aux développeurs de malwares ... Tout ceci ne présage rien de bon; la jungle du monde viral va se faire de plus en plus sauvage à l'avenir...
Talk #3 et #4 : A Day in the Life of a Hacker / RFIDIOt
Nous avons ensuite enchaîné sur le dernier talk de la journée : 'A Day in the Life of a Hacker' et 'RFIDIOt' de Adam Laurie. L'occasion de dupliquer quelques passeports biométriques en live parmi les membres de l'assemblée. Très en forme, celui-ci a fait le show en enchaînant ses deux talks extrêmement bien rodés et particulièrement efficaces. On ne peut pas rester insensible a un piratage de mini-bar, ou au crash à distance d'un Windows, le tout orchestré à l'aide d'une télécommande et de son téléviseur de chambre d'hôtel 
Ainsi s'achève cette première journée bien chargée. Place au "social event".